C’est le grand privilège de l’information financière comptable que de pouvoir et de devoir – être justifiée.
Il n’a pas été accordé à la fonction comptable par le seul souci des autorités de protéger les investisseurs : c’est aussi un de ses droits naturels parce que le supÂport comptable, de par sa structure en partie double avec des états financiers cohérents entre bilan, résultat et flux, est le seul existant qui se prête à des procéduÂres de vérification fiables. Il est dit auditable.
En matière comptable, le mot « certification » est très fort et recouvre des procédures qui dépassent celÂles utilisées dans les démarches d’attestation de la quaÂlité des processus, par exemple.
Outre les travaux de vérification interne des donÂnées, la certification des comptes implique des procéÂdures de vérification auprès des tiers (banques, clients, fournisseurs, avocats) et de pointages physiÂques (immobilisations, stocks) qui ne sont possibles qu’avec un bilan cohérent avec le résultat et les flux financiers, et intégrant toutes les transactions réaliÂsées par l’entreprise.
Pour les transactions qui ne sont pas dans les comptes, mais qui pourraient concerner l’exercice suÂjet à certification, comme par exemple un engagement pris par un dirigeant, les procédures de vérification font appel à des déclarations formalisées des personÂnes habilitées dans les lettres d’affirmation (represenÂtation letter).
La certification complète des comptes est, en généÂral, annuelle. Les autres attestations, sur les comptes trimestriels, semestriels ou sur toute information comptable partielle, portent sur des revues limitées. Compte tenu de l’échéancier de publication des granÂdes entreprises cotées, on peut considérer qu’elles sont soumises à audit quasi permanent et que la certificaÂtion de leurs comptes fait désormais partie de leurs procédures quotidiennes.
Malgré l’ampleur de toutes ces procédures, la certiÂfication des comptes a paradoxalement perdu un peu de son poids moral auprès des investisseurs et du grand public. Plutôt que l’effet d’un quelconque relâÂchement du contrôle, il faut plutôt y voir l’aléa introÂduit dans les comptes par des valorisations de plus en plus complexes et par des engagements vis-à -vis de marchés de plus en plus volatils.
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