Achat de vêtements bon marché destinés à un nourrisson. Ces enseignes sont-elles recommandables?
Oyez oyez, braves gens,
Eh non, n’en déplaise à certains, Stephanus n’est pas mort.
Il n’a pas échappé à la majorité d’entre vous, fidèles lecteurs à la plume acéré et charmantes lectrices aux seins pointus, que je me suis absenté de mon site favori pendant de longues semaines, ce qui a dû faire naître pas mal d’inquiétude et de frustration dans les chaumières de France, de Navarre, mais également de Vendée (85).
Rassurez-vous je n’ai pas eu de souci de santé particulier et je continue à me porter comme un charme, aidé en cela par une hygiène de vie irréprochable, fer de lance de mon « way of life » (mode de vie), et qui me pousse au jour le jour à prendre scrupuleusement soin de mon corps, en m’imposant une auto-discipline de fer, ne négligeant aucun détail, depuis le lavage des dents quasi-quotidien jusqu'à l’emploi d’une lotion antipelliculaire de marque Petrol-Hann®, en passant par le récurage minutieux du tissu adipeux situé entre mon anus et la base de mes couilles.
Pour me plier aux dogmes de Tchaïkovsky, qui nous avait gratifié il y a quelques années de cela de la célèbre formule « Un esprit sain dans un corps sain », je m’efforce également de cultiver mon intellect, en plus de faire bourgeonner mon corps. En effet, comme le vieux poète hongrois, je juge qu’il n’existe rien de plus ridicule qu’un cerveau vide dans un corps d’Apollon.
Je continue donc, avec la persévérance et le sérieux que vous me connaissez, à m’enrichir intellectuellement par le biais de lectures indispensables qui sont autant de fenêtres me permettant d’élargir mon horizon culturel. Parallèlement à cela, je me nourris de programmes de télévision qui me permettent également de m’ouvrir à d’autres cultures, et trouve dans les émissions de type Vis ma Vie, ou encore La Ferme Célébrités, une source d’enrichissement sans fin.
Pour faire plus court, et pour éviter que la moitié de mon lectorat ne retourne vaquer à ses occupations après avoir lu vingt lignes de ma prose, mon corps et mon esprit ne souffrent d’aucun problème particulier.
Ce n’est pas le cas de ma pauvre sœur, puisque celle-ci vient d’accoucher.
Je suppose que vous ne faites pas directement le lien entre l’heureux événement que constitue traditionnellement la venue au monde d’un enfant, et l’état psychologique déplorable de ma cadette.
Je m’en vais vous l’expliquer en une phrase de quatre mots : le lardon est moche.
Et je dois dire que le mot « lardon », terme argotique que l’on utilise dans les milieux populaires pour désigner un nouveau-né, constitue réellement le vocable approprié pour évoquer le monstre gras, rose et difforme, fraîchement sorti de la foune de ma sœur cadette. Pour motiver encore l’adéquation de la métaphore charcutière, j’ajoute que l’odeur qui se dégage de l’enfant rappelle celle que l’on peut humer à proximité des usines de transformation de cochonnaille qui parsèment les contrées rurales de ma Bretagne natale. Pour être plus précis, le fumet qui se dégage du petiot est un mariage peu subtil entre une odeur âcre de placenta, et le parfum d’un plat de rognons de porc cuisinés au vin blanc.
Bref, le pauvre gamin est laid, il pue et – cerise pourrie sur le gâteau moisi – il passe son temps à pleurer et à hurler, ce qui hache littéralement le sommeil de ma sœur, et fragilise d’autant plus son état psychologique.
Le père de l’enfant, quant à lui, semble également accuser le coup après la naissance du petit Jean-Pierre. Ainsi, lorsque je leur ai rendu visite à la maternité samedi dernier, les yeux vitreux de Marc, ainsi que son haleine chargée, trahissaient une alcoolisation massive et régulière, ayant très certainement pour objectif de noyer son chagrin et de tenter d’oublier le rôle crucial qui a été le sien dans le processus de mise au monde d’un être repoussant et vil. Certaines d’entre vous – je pense notamment aux jeunes mères de famille, toujours enclines à faire preuve de mièvrerie à l’encontre des enfants aussi laids soient-ils – me reprocheront certainement mes mots, qu’elles considéreront sans doute comme étant le reflet d’un jugement démesuré. Mais, croyez-moi, l’emploi du mot « vil » n’est pas usurpé, tant le bambin semble empreint de méchanceté, eu égard à ses yeux sombres et inquiétants.
Mais je ne viens pas vers vous pour vous raconter ma vie, et je dois dorénavant vous exposer – avec concision – la raison qui me pousse une fois de plus à venir glaner vos précieux conseils.
Pour le moment, je n’ai pas encore offert de cadeau aux malheureux parents. Néanmoins, afin de respecter la coutume et d’éviter ainsi de passer pour un pingre, je projette de rectifier le tir en allant acheter un ou deux vêtements que j’offrirai au petit.
Je pensais initialement faire montre de bon goût en me rendant dans un magasin un peu chic (type Kiabi), mais étant donné la tronche et l’haleine du nourrisson, je me dis qu’il serait sans doute plus cohérent de faire mes emplettes chez un soldeur, type Noz ou Max Plus.
Pensez-vous que cela soit opp
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