Le yoga

  1. Le samsara et le karma
  2. Les nadhi et les chakra
  3. La respiration
  4. Exercices de posture

ARTICLELe yoga  yoga sport Le yoga est un art très ancien. Il plonge ses racines dans l’Inde préaryenne, au sein de la civilisation pacifique et sage des Dravi- da. Les livres des Upanishad, les « séances mystérieuses » (l’enseignement de maître à disciple était secret), et le Yoga Sutra (800- 400 avant J.-C.) ont fait connaître le yoga en Occident.

Le yoga se présente à l’homme bien inten­tionné comme une discipline qui peut lui permettre d’atteindre la paix et la libération spirituelle à travers des exercices physi­ques et respiratoires. Le yoga a des racines religieuses et philosophiques, mais ce n’est ni une religion ni une philosophie. On pourrait le définir comme un style de vie basé sur la purification physique et spiri­tuelle.

Le terme yoga signifie « agir pour unir » (yuj : « atteler » ; ghan : « accomplir ») : il faut avant tout atteler le corps à l’esprit, puis l’esprit à l’âme et, enfin, l’âme à l’Etre Universel. La fin ultime du processus d’évolution cosmique est l’ordre universel spirituel. Lé yoga s’inscrit dans cette conception pour libérer l’homme de la tor­peur qui le retient prisonnier et le porter à la découverte progressive de ses propres racines idéales et étemelles.

On peut pratiquer le yoga avec deux objectifs essentiels, interdépendants ou non ; il faut toutefois qu’ils soient reliés entre eux si l’on veut faire du yoga inté­gral.

Le premier objectif consiste à redonner de la force et de la vigueur au physique afin qu’il soit pleinement en harmonie avec le psychisme. Comme la nature a programmé dans chaque organisme des mécanismes d’autodéfense adaptés, le yoga peut se greffer sur ces mécanismes afin d’éliminer ce qui constitue un obstacle à la guérison et à la santé. Ce premier objectif a connu beaucoup de succès en Occident, où le yo­ga a été accueilli comme une thérapeutique capable de rééquilibrer physiquement et psychiquement un organisme déséquilibré. Le second objectif du yoga, important sur­tout en Orient, est de conduire l’âme indi­viduelle (atman) à s’identifier avec l’âme universelle (brahman). Toute la culture orientale considère l’aspect transcendantal de l’existence : la vie n’a un sens que si on la considère du point de vue de l’éternité. Avec les techniques du yoga, ou « attelage de l’âme », qui éliminent les inquiétudes de l’âme, on peut obtenir cette connaissance mystique qui relie l’individu à l’Absolu.

Le samsara et le karma

L’Indien a un caractère doux et calme. Il accepte avec fatalisme ce que la vie lui pré­sente, la pauvreté matérielle, la douleur (dukka). Il recherche une richesse intérieu­re toute personnelle, faite d’une très gran­de paix et d’un détachement envers les biens matériels, qu’il visualise dans les rê­ves de la contemplation.

La réincarnation est à la base du mysticis­me indien. La mort n’est pas un adieu dé­finitif, comme pour l’homme occidental, mais seulement un au revoir. L’éternel re­tour de l’âme dans un corps physique à chaque réincarnation (samsara) est un parcours douloureux mais nécessaire jus­qu’à ce que la libération finale survienne et interrompe ainsi le cycle des réincar­nations.

La théorie du yoga d’action (karma) expli­que la notion de réincarnation et la com­plète. Chaque action accomplie au cours de l’existence laisse une trace dans la vie suivante. Les douleurs et les joies ne sont pas des événements fortuits, mais ils sont liés entre eux dans un rapport de cause à effet avec les précédentes réincarnations. Une maladie, des peines, une condition so­ciale médiocre sont le prix à payer pour des actions injustes ou malfaisantes com­mises au cours des vies antérieures. L’homme occidental n’est pas taillé pour ce type de yoga. Notre culture est liée au dynamisme, aux biens matériels, à l’orga­nisation du bien-être personnel. Mais il y a un revers de la médaille : l’angoisse, le sentiment d’échec, la pauvreté intérieure, la terreur devant la maladie et la mort. L’homme occidental est devenu un objet « à jeter après usage ».

Les nadhi et les chakra

La méthode empruntée par le yoga va au- delà de l’anatomie et de la physiologie dé­crites par la médecine occidentale. L’orga­nisme possède aussi une anatomie « subti­le », un réseau de canaux d’écoulement (nadhi) qui répartissent l’énergie vitale (prana), l’énergie séminale (ojas) et l’in­telligence. Le canal central (sushumma) suit le rachis et est comparable au système nerveux central. Le canal de gauche, avec une polarité négative (ida), correspond au parasympathique ; celui de droite, avec une polarité positive (pingala), au sympathi­que. Quand le négatif prédomine (excès de Yin), on glisse dans la dépression ; quand le positif domine (excès de Yang), cela se traduit par de l’excitation, de l’exaltation et de l’hyperactivité.

Ce sont les chakra (« roues » en sanscrit) qui concentrent et transforment l’énergie. Ils sont comparables à des plexus nerveux et sont en relation avec les organes. Les principaux chakra sont au nombre de sept et vont du bas vers le haut.

Muladhara concentre l’énergie individuel­le. Il occupe le plexus sacré. Il régit l’éner­gie sexuelle, la locomotion et l’odorat. Il commande l’élément terre.

Svadisthana concentre l’énergie des ins­tincts. Il se trouve dans le plexus pelvien. Il gouverne le sens du toucher et du goût. Il régit l’élément eau.

Manipura concentre toutes les énergies corporelles. C’est le siège de l’inconscient, des archétypes et de la mémoire ancestrale. Il occupe le plexus solaire. Il gouverne les reins, les glandes surrénales et la vue. Il ré­git l’élément feu.

Anahatha concentre l’amour pur. Il occupe le plexus cardiaque. Il gouverne la peau et le toucher. C’est le siège des sentiments, du bonheur. Il régit l’élément air.

Vishuddi concentre la connaissance intel­lectuelle. Situé dans le plexus pharyngé, il est en rapport avec la thyroïde, les parathy- roïdes, le thymus, le larynx et les cordes vocales. Il gouverne l’ouïe. Il régit l’élé­ment éthéré (akasa).

Ajna concentre l’énergie mentale. Il occu­pe le plexus frontal (« troisième œil »). Il est chargé de développer les énergies men­tales latentes.

Sahasrara se place sur le plan de la cons­cience supérieure, ou conscience pure, alliée à l’énergie. Il occupe le plexus crânien. Au cours de l’extase, il unit l’homme au divin.

Les techniques du yoga

Elles reposent sur le contrôle de l’énergie vitale par la respiration (pranayama), sur des exercices de posture (asana) et de mouvement (kriya). Elles ont comme objectif d’assurer la circulation de l’éner­gie et de faciliter la méditation. Les cen­tres supérieurs de l’esprit sont de cette façon réveillés.

Lorsqu’on atteint l’extase (samadhi), on éprouve un sentiment de paix, d’amour et de bonheur sans fin. On réalise complète­ment l’état d’union (yoga) avec soi-même, avec toutes les autres entités naturelles (minérales, végétales et animales) et avec l’Entité absolue. L’énergie individuelle se fond dans la mer infinie de l’énergie uni­verselle.

La respiration

Les Occidentaux ne savent pas respirer correctement ; c’est pourquoi leur circula­tion sanguine est ralentie et leur oxygéna­tion organico-tissulaire insuffisante. Le ris­que de maladie augmente, les conditions générales et locales empirent, la longévité diminue. La respiration du yoga peut met­tre un terme à ce cercle vicieux.

Pranayama (ayatna : « contrôle » ; prana : « énergie vitale ») apprend à contrôler la respiration pour qu’elle devienne profonde et complète, grâce à la volonté. On obtient une plus grande oxygénation et, surtout, une maîtrise de son esprit.

Il faut se trouver dans un lieu bien aéré, si­lencieux et porter des vêtements légers. L’estomac, la vessie et si possible l’intestin doivent être vides. Il faut s’asseoir, la co­lonne vertébrale bien droite, le thorax ou­vert, les épaules relâchées, le menton ren­tré, les yeux fermés, l’ouïe la plus en aler­te possible, les mains sur les genoux. On respire par le nez, naturellement et sans forcer. La pensée doit être concentrée sur la respiration.

L’inspiration s’accomplit en trois phases : diaphragmatique, costale, clavicu- laire. Elle doit se faire lentement, afin de permettre un meilleur échange gazeux. L’oxygène et le prana peuvent ainsi péné­trer facilement dans les tissus. Il est conseillé de retenir sa respiration pendant quelques instants. L’expiration respecte les mêmes étapes que l’inspiration.

À la fin de ces exercices, il faut se relâcher le plus possible et ne pas absorber de nour­riture avant une demi-heure.

Effets indésirables : tachycardie, sensation d’étouffement. Diminuer le nombre d’exercices.

Contre-indications : enfants, personnes at­teintes de cardiopathie, hypertendues ou gravement hypotendues, ayant des problè­mes respiratoires graves.

Exercices de posture

Les asana (de as, être assis) sont très nom­breux. Le corps adopte différentes postures  qu’il doit garder longtemps et sans effort, grâce au contrôle de la respiration et de l’es­prit. Les muscles qui ne sont pas nécessai­res au maintien de la posture doivent être relâchés. Voici quelques exemples.

Sukhasana (sukha, facile : posture pour débutants)

Assis les jambes croisées.

Padmasana (padma, lotus : posture du lotus) C’est la position de méditation par excel­lence. Elle calme l’esprit et procure une grande assurance.

  • Assis jambes croisées, placez votre pied gauche sur votre cuisse droite près de l’ai­ne.
  •   Écartez un peu le pied droit et, en le sou­levant avec les mains, faites-le glisser sur le tibia gauche en l’amenant près de l’aine, comme l’autre pied.

Indications : anxiété, phobie, arthrose, discopathie.

Ardha Padmasana (posture du demi- lotus)

Position de méditation.

Asseyez-vous, jambes croisées, le pied droit sur la cuisse gauche (ou l’inverse), très près de l’aine.

Vajrasana (vajra, foudre : posture de la foudre)

Position de méditation.

  • A genoux, assis sur les talons.
  •  Ou encore assis entre les talons.
  •  Mains posées sur les genoux, respirez lentement.

Indications : dyspepsie, aérophagie, hépa- topathies ; troubles des règles ; faible libi­do ; sciatique, lumbago.

Garudasana (posture de l’aigle)

  •    En position debout, déplacez le poids de votre corps sur le pied droit et fléchissez la jambe d’appui.
  •   Enroulez votre jambe gauche autour de votre jambe droite.

Enroulez votre bras droit autour de votre bras gauche placé en équerre devant vous, de façon que les doigts de la main droite soient sur la paume de la main gauche. Appuyez ensuite les doigts de la main gauche sur le nez, comme pour faire un bec d’aigle.

Indications : rhumatismes dans les jambes et les bras, sciatalgie, hypotonie musculai­re, raideur articulaire.

Gomukhasana (posture du museau de va­che)

  •   Asseyez-vous sur les talons, soulevez- vous et rasseyez-vous sur la gauche.
  •  Soulevez la jambe droite et repliez-la de l’autre côté, avec le pied à l’extérieur du côté gauche. Vos genoux doivent être l’un au-dessus de l’autre.
  •  Faites glisser votre bras gauche derrière le dos en levant votre main vers la tête. Soulevez le bras droit et agrippez votre main gauche.
  •   Amplifiez votre respiration pulmonaire droite.

Indications : acné, arthrose ; raideur arti­culaire ; crampes aux membres inférieurs, carence respiratoire.

Ustrasana (ustra, chameau : posture du chameau)

  •   Asseyez-vous sur vos talons, les genoux et les pieds écartés, les mains en arrière, la paume sur la plante des pieds, les doigts au sol. En expirant, tournez votre bassin. Pen­dant l’inspiration, soulevez-vous et cam­brez-vous.
  •   Revenez en position assise et recom­mencez l’exercice au moins trois fois.
  • Phase statique : restez en position, respi­rez régulièrement.
  • Assis sur vos talons, reposez-vous.

Indications : déviations vertébrales ; intes­tin atone ; vessie paresseuse ; asthme bron­chique ; troubles génitaux ; accouchement difficile ; adiposité générale.

Contre-indications : arthrose lombaire.

 

 

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