Les traitements des maladies thyroïdiennes

  1. Le traitement de l’hyperthyroïdie:
    1. Les traitements médicaux pour soigner l’hyperthyroïdie:
    1. Quelques questions concernant le traitement médicamenteux de l’hyperthyroïdie :
    1. L’iode radioactif pour soigner l’hyperthyroïdie:
    1. Quelques questions concernant l’iode radioactif
    1. La chirurgie
    1. Quelques questions concernant la chirurgie comme traitement de l’hyperthyroïdie

ARTICLE

Le traitement de l’hyperthyroïdie:

Les traitements des maladies thyroïdiennes endocrinologie En fonction des maladies (hyperthyroïdie, hypothyroïdie, goitre, nodules ou cancers…), les traitements varient. Médicaux ou chirurgicaux, ils apportent aux patients un mieux être et même une guérison. Les médicaments sont pré­conisés en cas d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie, la chi­rurgie lorsque l’on se trouve en présence de nodules ou de tumeurs.

Les traitements médicaux pour soigner l’hyperthyroïdie:

Pour soigner l’hyperthyroïdie, il existe des médicaments antithyroïdiens qui ralentissent la fabrication des hormones thyroïdiennes. Ces médicaments sont appelés les anti-thyroï­diens de synthèse (ATS).

  •  le néomercazole
  • le basdène
  • le propyl-thio-uracile que l’on ne trouve que dans les pharmacies hospitalières

Ces médicaments antithyroïdiens sont efficaces ; ils ramè­nent le niveau d’hormones thyroïdiennes à la normale et sup­priment les symptômes.

Comment se déroule le traitement ?

Après avoir effectué un bilan sanguin qui comprend T41 et TSH, une NFS, on vous prescrit, en fonction de votre poids et de la sévérité de la maladie, des anti-thyroïdiens de synthèse (ATS). À ce traitement est souvent associé un médicament ralentisseur du rythme cardiaque (bétabloquant) comme lAvlocardyl®. Un bilan sanguin, au bout d’un mois, est ensuite prescrit afin de voir si le taux de globules blancs n’est pas trop bas. Si cela est le cas, le traitement doit être arrêté. Normalement, au bout de ce laps de temps, le taux de T4 libre doit avoir diminué. La TSH, plus longue à réagir, reste encore basse. Entre un et trois mois, la dose quotidienne d’ATS peut être progressivement diminuée mais on préfère actuellement garder une dose assez importante et associer des hormones thyroïdiennes pour éviter un passage en hypo- thyroïdie. En règle générale, la durée du traitement est de un à deux ans, période qui peut être plus longue en fonction de la façon dont le corps réagit aux médicaments. Il faut cepen­dant rester prudent car une rechute, en cours de traitement ou après son arrêt, est toujours possible.

Quelques questions concernant le traitement médicamenteux de l’hyperthyroïdie :

Les médicaments antithyroïdiens peuvent-ils provoquer des effets secondaires?

Les médicaments antithyroïdiens produisent, parfois, des effets secondaires comme des éruptions cutanées ou des démangeaisons. Ces réactions allergiques surviennent dans environ 5 % des cas. Des effets secondaires, très rares, plus graves, peuvent survenir comme des hépatites ou des arthrites mais surtout une baisse du taux des globules blancs.

  • Avec un traitement antithyroïdien, la guérison est-elle permanente ?

Non, c’est seulement dans 60 à 70 % des cas que la guéri­son est permanente même s’il est très difficile de savoir quels patients seront définitivement guéris.

  •  En cas de chute importante des globules blancs, en com­bien de temps après l’arrêt du traitement, le taux redevient-il normal ?

Lorsque le taux de globules blancs chute de façon inquié­tante, l’organisme n’est plus à l’abri des infections qui, de bénignes, peuvent devenir graves voire mortelles. Il faut arrê­ter immédiatement le traitement et tout redeviendra normal en quelques jours.

L’iode radioactif pour soigner l’hyperthyroïdie:

Pour soigner les troubles de la thyroïde, on peut utiliser l’iode radioactif qui est une forme d’iode chimiquement iden­tique à l’iode non radioactif. La glande thyroïde va absorber l’iode radioactif de la même façon qu’elle absorbe l’iode non radioactif même si le noyau d’une molécule d’iode radioactif émet des radiations qui vont agir sur les cellules dans les­quelles elles sont concentrées.

Comment l’iode radioactif va-t-il agir sur la thyroïde ?

Pour produire l’hormone thyroïdienne, la thyroïde a un besoin naturel d’iode. En cas d’hyperthyroïdie, la thyroïde est trop stimulée et sécrète trop d’hormones thyroïdiennes qui, une fois dans le sang, provoquent des symptômes propres à l’hyperthyroïdie. Un apport en iode radioactif va donc régu­ler cette hyperthyroïdie en s’accumulant dans les cellules qui produisent l’hormone thyroïdienne et y rester suffisamment de temps pour irradier la glande thyroïde et ralentir sa pro­duction. La thyroïde va absorber l’iode radioactif comme elle l’aurait fait pour l’iode non radioactif car elle est incapable de faire la différence entre les deux.

Le traitement de l’hyperthyroïdie par l’iode radioactif abaisse le taux d’hormones thyroïdiennes tout en faisant dis­paraître les symptômes de la maladie (amaigrissement, suda­tion importante, troubles de la régulation de la température du corps, troubles cardiaques avec palpitations ou tachycar­die, perte osseuse, sommeil non réparateur et entrecoupé, perte de poids malgré une augmentation de l’appétit, selles abondantes, diarrhée, fatigue musculaire, augmentation de la pression sanguine, larmoiement, yeux bouffis, essoufflement, démangeaisons du cuir chevelu, dérèglements du cycle menstruel, irritabilité…).

Les effets secondaires et les contre-indications de l’iode radio­actif:

Le traitement par iode radioactif est un traitement utilisé depuis près de quarante ans sur des millions de personnes dans le monde entier. C’est le traitement le plus facile à prendre, le plus efficace et le plus économique. Rien qu’aux Etats-Unis, 90 % de patients souffrant d’hyperthyroïdie sont soignés à l’iode radioactif. De nombreuses études ont montré que les effets secondaires de ce traitement étaient minimes voire inexistants et que la prise d’iode radioactif n’avait pas d’incidence sur les patients ni sur leurs descendants. Il est simplement recommandé aux malades de suivre quelques précautions, pour eux et leur entourage. Ceci est particulièrement important pour les sujets sensibles aux effets secon­daires comme les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Il faut donc éviter d’avoir des contacts trop rapprochés avec ces personnes (ne pas prendre un bébé dans ses bras et le coller contre son cou pendant un long moment, ne pas serrer de trop près une femme enceinte) et éviter également les contacts intimes avec quiconque pendant environ deux jours (dormir seul, ne pas danser tendrement enlacé à son parte­naire, éviter les baisers car une petite quantité d’iode radio­actif se retrouve dans la salive).

Si la grande majorité des patients soignés à l’iode radioactif ne disent ressentir aucun effet secondaire, on peut, dans cer­tains cas, voir apparaître une sensibilité au niveau de la thy­roïde, désagrément qui disparaît au bout de trois ou quatre jours. Et contrairement à ce que l’on a pu entendre ou lire, le traitement ne provoque ni vomissements, ni réactions aller­giques, ni chute des cheveux.

Ce traitement simple, efficace et peu coûteux est un traite­ment de choix qui ne doit cependant jamais être utilisé sur une femme enceinte ou qui allaite. Les raisons sont simples : à partir du troisième mois de gestation, la glande thyroï­dienne du fœtus produit des hormones thyroïdiennes qui sont capables de capter l’iode radioactif. Cet iode radioactif, qui passe de la maman au bébé via le placenta, risquerait de diminuer la fonction de la thyroïde du bébé et entraîner, par la suite, un retard de croissance et des cancers thyroïdiens. De nombreux médecins, afin de ne prendre aucun risque, font subir à leurs patientes, en âge de procréer, un test de grossesse. Lorsqu’une jeune femme hyperthyroïdienne est enceinte ou désire l’être, le traitement par l’iode radioactif est remplacé par des médicaments antithyroïdiens. Chez la femme qui allaite, l’iode radioactif peut passer, à travers son lait, dans le corps du bébé et se concentrer dans sa glande thyroïde provoquant des nodules ou des tumeurs. Le traite­ment n’est donc pas réalisé chez une femme qui allaite.

En ce qui concerne certaines idées reçues concernant le lien entre traitement par iode radioactif et prise de poids, des études ont montré qu’il n’existait pas de cause à effet. Un patient hyperthyroïdien voit son métabolisme accéléré et un organisme qui dépense plus d’énergie que la normale. Certains patients perdent du poids, d’autres en prennent, car leur appétit est décuplé et ils ont besoin d’augmenter leur ration quotidienne d’aliments. Après traitement, l’énergie se dépense plus lentement, la vitesse du métabolisme ralentit et le patient retrouve, bien souvent, le poids qu’il avait avant son hyperthyroïdie. Il arrive cependant que l’appétit persiste après le traitement et que le patient prenne toujours du poids. Si cela l’incommode, il doit réduire sa consommation d’ali­ments.

Le temps nécessaire pour soigner l’hyperthyroïdie par l’iode radioactif est difficile à calculer tant les variations indi­viduelles sont grandes. Habituellement, le traitement atteint son effet maximal au bout de trois mois. Chez certains patients, il faudra six mois pour que tout rentre dans l’ordre. Il arrive que l’effet du traitement soit insuffisant et qu’un second traitement s’avère nécessaire. Un troisième traite­ment, dans les cas les plus difficiles à soigner, peut être fait sans causer d’effets secondaires.

Quelquefois, à distance du traitement, l’hyperthyroïdie se transforme en hypothyroïdie. Cette transformation de la maladie est courante chez les patients traités par l’iode radio­actif ou à qui on a ôté une partie de la thyroïde. Généra­lement, l’hypothyroïdie secondaire apparaît quelques mois après le traitement. Dans certains cas, plus rares, elle peut surgir après une vingtaine d’années.

Quelques questions concernant l’iode radioactif

•   L’iode radioactif est-il réellement sans danger ?

Oui, l’iode radioactif livre la quantité nécessaire de radia­tions à la glande thyroïde et ne livre qu’une infime partie au reste du corps. L’iode qui n’est pas capté par la thyroïde est directement éliminé par les urines.

•   Sous quelle forme l’iode radioactif se présente-t-il ?

L’iode radioactif se présente sous forme de gélules conte­nant l’iode ou sous forme de liquide.

•    L’iode radioactif peut-il être combiné avec d’autres médicaments hyperthyroïdiens ?

Certains médicaments ne sont pas compatibles avec l’iode et doivent être arrêtés plusieurs jours avant le traitement. Ne décidez rien sans l’avis de votre médecin et de toute façon le traitement par iode radioactif n’est administré que dans des centres spécialisés.

•   Après ma prise d’iode radioactif, dois-je retourner voir mon médecin ?

Après un traitement par iode radioactif, vous devez retour­ner voir votre médecin afin qu’il vous examine et vérifie que votre organisme a répondu au traitement.

•   Après un traitement par iode radioactif, combien de temps dois-je attendre pour être enceinte ?

Les médecins préconisent, en général, d’attendre six mois après la fin du traitement pour envisager une grossesse.

•   L’iode radioactif peut-il causer un cancer ?

Le traitement par iode radioactif est utilisé depuis près de cinquante ans et aucune étude n’a démontré que l’iode radio­actif était cancérigène.

La chirurgie

Pour guérir l’hypeithyroïdie, la chirurgie avec l’ablation de 80 à 90 % de la thyroïde est une alternative pratiquée depuis plusieurs années. Avant d’opérer, il faut maîtriser l’hyperthy- roïdie en prenant un traitement antithyroïdien pendant un mois et demi à deux mois qui va faire baisser le niveau d’hor­mones thyroïdiennes. Lors de l’opération, qui comporte les mêmes risques que toute opération chirurgicale nécessitant une anesthésie générale, il faut faire attention à ne pas endommager les nerfs qui contrôlent le mouvement des cordes vocales et les glandes parathyroïdiennes.

Quelques questions concernant la chirurgie comme traitement de l’hyperthyroïdie

•   En quoi, l’ablation partielle de la thyroïde soigne-t-elle l’hy- perthyroïdie ?

En enlevant les 9/10e de la glande thyroïde, il ne reste plus assez de tissu pour fabriquer les hormones en excès.

•   L’ablation quasi totale de la thyroïde comme traitement de l’hyperthyroïdie est-elle fréquente ?

L’ablation de la thyroïde pour soigner l’hyperthyroïdie n’est réalisée que sur 2 à 5 % des patients.

•  Une hypothyroïdie peut-elle survenir après l’opération ? Oui, comme après un traitement par iode radioactif, une

hypothyroïdie peut se produire après l’opération. Actuel­lement et pour éviter les rechutes de l’hyperthyroïdie, la plu­part des spécialistes s’accordent pour conseiller une thyroï­dectomie quasi totale. Cela conduit à une hypothyroïdie post­opératoire immédiate qui nécessite un traitement par hor­mones thyroïdiennes à vie.

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